Le c(h)œur de la création

• Chœur : groupe de personnes marchant en cadence et en harmonie : Etre en Chœur

• Cœur : Ensemble des facultés affectives et de sentiments moraux par opposition à l’esprit : Avoir du cœur

Cette semaine, mes déplacements m’ont amené à la fois chez un vigneron où les discussions portaient sur les méthodes d’élaboration d’un vin, une table 3 étoiles à la veille de son ouverture qui mettait au point les plats de la carte pour la saison de cet été, et une table 1 étoile qui se mettait en réflexion pour sa période de réouverture, dans une dynamique de progression de l’expérience client, pour ainsi être mieux remarquée par les guides.

Je me suis donc posé cette question ce matin : quels étaient les points communs entre ces 3 entreprises en quête d’excellence et de croissance ?

Vous l’avez compris, au-delà des équipes qui indéniablement ont des compétences techniques ou de l’expérience, la différence est que celles-ci sont en marche et qu’elles avancent en chœur et avec le cœur.

La création est un processus complexe car il demande d’envisager demain, tout en étant dans l’opérationnel d’aujourd’hui.

Certes, quelques entreprises ont la chance d’avoir des départements entiers dédiés à la R&D, mais dans une majorité de PME, l’innovation est envisagée par les personnes en charge de la production, ou en charge du service offert au client. Ainsi, pour créer des relais de croissance au sein de son établissement dans ce contexte, il faut maitriser le temps consacré par les équipes entre le stratégique, le tactique et l’opérationnel.

Je vous vois venir : « Attends Rémi, il y en a un qui épluche des carottes et l’autre qui ramasse du raisin : notre métier c’est être artisan, se concentrer sur l’ouvrage. Pas besoin d’aller plus loin… »

C’est pour cela que j’aimerais aborder avec vous une question centrale : comment fait-on pour créer un centre d’excellence au service de la performance et de la transmission au cœur du processus opérationnel ?

La recherche est devenue un facteur de production stratégique, de mon point de vue elle est devenue indispensable, et c’est ainsi qu’elle maintient la prospérité d’une entreprise.

• Le premier constat est de partir du principe que le processus de création est indéfinissable, car il n’existe pas de formation pour apprendre à la déclencher. Nous sommes donc contraints de raisonner avec des personnalités individuelles, des connaissances et de l’expérience. Ces 3 composantes doivent ainsi être transformées en intelligence collective : le chœur.

• Le second point est d’envisager un processus créatif sans limite de temps. Rêver demain, imaginer le plus sans contrainte, laisser le projet s’associer à des émotions puissantes qui surgissent naturellement quand vous vous concentrez sur vos idées : le cœur.

• Dans ce type de processus, naturellement une perception de la réalité nous retient : la finance, la concurrence, l’avis de celui autour de la table qui dit « cela ne va pas être possible », les compétences actuelles des équipes… Dès lors que vous abordez ces sujets au cœur d’un processus de création, vous bloquez vos capacités d’associations créatives et ainsi l’opérationnel reprend le dessus.

• Pour rester dans le stratégique, il nécessaire de rester dans un enthousiasme total et sans limite.

• Enfin, la création, c’est aussi accepter quelques sentiments de mal-être et d’incertitude, c’est aussi s’autoriser à cultiver une profonde insatisfaction vis-à-vis de son ouvrage, et ne jamais céder à l’autosatisfaction.

En réalité, penser le simple mot « excellence » au cœur de son processus, c’est envisager un aboutissement ; tandis qu’associer le mot « quête » à excellence, c’est envisager d’être dans un processus d’amélioration perpétuelle.

Vous avez 1 étoile, visez la deuxième pour garder la première, vous avez 3 étoiles, soyez le seul à penser qu’un jour la 4ème fera partie un jour de la reconnaissance.

Ainsi, la contraction du c(h)oeur prend tout son sens.

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