L’hôtellerie parisienne est-elle spoliée par la préfecture ? L’Etat mettrait-il tout en œuvre pour favoriser des plateformes comme Airbnb ?

 

A l’origine, une de de nos amis organise pour les 40 ans de son mari, la venue surprise de ses amis de province, elle demande à mon épouse « quel hôtel sur Paris me conseillez-vous avec une piscine ? »…Nous recommandons l’hôtel Majestic et Spa que nous connaissons car nous y avons déjà séjourné de notre côté plus d’une centaine de nuitée sur les 10 dernières années.

 

Notre amie réserve 3 chambres pour 2 nuits le 31/03 par le biais de Booking (Numéro de réservation : 1676993693) dont 2 plus grandes, de 35m2 car nous avons des enfants de 6 et 8 ans où à cet âge nous demandons lors de notre arrivée des lits supplémentaires. De son côté, elle a pris les précautions de lire les CGV de Booking qui expliquent la politique d’accueil des enfants et dans le mail de confirmation il est aussi indiqué la règle pour les lits supplémentaires. Tout lui parait normal.

Nous arrivons les premiers du Jura, vers 13 h 30, notre projet est juste de faire le checking, laisser nos bagages puis aller déjeuner. Le réceptionniste est au téléphone, ce que nous comprenons, nous sortons le classique passeport et carte bancaire que nous posons sur le desk, sa conversation se termine, des consignes sont ensuite données par le réceptionniste à ses équipes, comme le temps dure de notre côté nous nous sommes assis dans les canapés. Sa première phrase a été : « il me faut toutes les pièces d’identité s’il vous plait », pas de bonjour, pas d’excuses pour les temps d’attente mais nous voyageons tellement à l’hôtel que je ne me formalise pas sur l’accueil des hôtels à Paris ; sous-effectif, polyvalence des effectifs, tout conduit à ce type d’attitude.

 

La seconde phrase est «  Vous avez loué une chambre pour deux, vous êtes 3 avec votre enfant, je ne peux pas vous donner de chambre ». Mon épouse en charge de l’échange, lui exprime son étonnement, lui indique que nous n’avons pas fait la réservation en direct mais que notre amie nous a précisé qu’elle a pris des grandes chambres pour justement ajouter un lit supplémentaire pour notre fille de 6 ans et que c’est bien nous qui payons les extras. Refus. Nous demandons alors un supplément pour une autre chambre et nous payerons le supplément. Refus. Le nouvel argumentaire défendu par « l’accueillant » : « La préfecture m’interdit de vous donner une chambre où vous seriez 3 ! »

A ce stade, je décide de prendre la parole, et pour ceux qui me connaissent le mieux en termes de communication, je me cale sur l’attitude de mon interlocuteur pour en être son reflet : « Ainsi, je lui demande s’il nous prend pour des jambons, que je comprends que nous avons des têtes de provinciaux, que nous avons eu d’autant plus un voyage compliqué, et que je n’ai jamais entendu un tel argument sur le fait que l’Etat impose une politique commerciale à un établissement dans une économie libérale …et à la fin je l’invite même à changer de métier et de comportement, très déplacé envers nous : sans issue et sans empathie»

 

Naturellement, vexé, et à juste titre, par la charge, il se sent insulté, je demande enfin à parler au directeur de l’établissement et lui rappelle que mon épouse, Vitalie et moi avons peut-être déjà dormi plus d’une centaine de nuitées dans ce type de catégorie de chambre sans avoir eu cette loi à notre encontre.

 

Il est 14 h 00, cela fait maintenant 30 minutes, que nous sommes à la réception, le préposé de l’accueil me donne un téléphone, au bout Monsieur Fabrice Afuta, un directeur d’hôtels à l’expérience solide : Ex hôtel Napoléon Paris, ex l’Hôtel Bachaumont Paris et qui maintenant a toute la confiance de Madame Véronique Valcke, propriétaire de l’établissement pour mener à bien le projet de cet hôtel.

 

L’échange est courtois, je lui rappelle notre passé de clients, mais il m’explique qu’il a eu encore un contrôle cette semaine de la préfecture, que je peux me renseigner de mon côté !: « La préfecture m’interdit de mettre des lits supplémentaires dans la catégorie de Grande chambre de 35m2 que vous avez réservée, en plus vous avez réservé avec Booking, je ne peux rien faire pour vous, je ne vous donnerai pas de chambre et vous demande de quitter l’hôtel ».

 

Exemple des photos de chambres en question issues du site Booking.

 

Je comprends à ses propos, que le réceptionniste a peut-être donné un brief engagé au téléphone qui fait que Monsieur Afuta ne pouvait envisager de nous trouver une solution, comme par exemple être relogés à l’hôtel Raphaël à 300 mètre appartenant au même groupe et qui avait bien de la place.

 

Mais cette histoire bien réelle, n’est que la forme, le fond du débat est : L’hôtellerie parisienne est-elle spoliée par la préfecture ?

 

Alors que la profession est déjà prise dans l’étau des portails de distribution et des sites d’avis de consommateurs qui rognent leurs marges, ces logements alternatifs visibles grâce à Airbnb qui piquent leurs parts de marché, vont-ils être le coup de grâce encouragé par l’Etat ?

 

Comment la préfecture peut-elle refuser que des familles ne puissent pas mettre un lit supplémentaire dans une chambre ? Lorsque vous louez un établissement alternatif, vous pourriez être 10 dans la même chambre que personne ne vous demanderez des comptes.

 

Les hôteliers eux, devraient perdre du chiffre d’affaires à cause de la « loi du déclaratif » ?

 

Sans pour agir, les professionnels doivent-il anéantir le séjour de leurs clients à cause des décisions prises par quelques autocrates de l’administration ?

 

Pourquoi la préfecture souhaite tuer une profession qui crée des emplois pérennes car non délocalisables et investit dans l’économie, en empêchant les hôteliers d’exercer leur métier : ils sont pourtant les premiers représentants de l’art du recevoir à la française !

 

Le seul avantage est que l’hôtel Majestic n’a pas perdu 1 244 euros de chiffres d’affaires, car le réceptionniste nous a demandé d’annuler nos chambres sur Booking et s’est engagé à nous les rembourser malgré le tarif non remboursables non modifiables pour les remettre à la vente pour d’autres clients, nous espérons que cela lui a permis de les vendre plus chères.

 

De notre côté, nous avons trouvé en dernière minute un hôtel qui lui ne pouvait pas mettre de lit supplémentaire car il était complet et les seules chambres restantes étaient trop petites, mais nous a autorisés à dormir exceptionnellement avec notre enfant dans le même lit : ce qui veut dire qu’en réalité la préfecture a en plus des actions à deux vitesses et que personne n’est égal devant la loi !

 

Ainsi, Monsieur Fabrice Afuta, mes Amis, Vitalie, mon épouse et moi, vous apportons tout notre soutien contre cette cabale que mène la préfecture à votre encontre. Vous subissez, vous ne pouvez réagir car l’Etat par le biais de ses actions vous empêche de construire un avenir pour la croissance de votre enseigne, et en même temps par ces actes, incite les consommateurs à se rendre dans des appartements plutôt que des hôtels…

 

 

 

 

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