La surcommunication permet-elle d’avoir de meilleures distinctions dans les guides ?

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Je suis tout d’abord ravi de vous retrouver sur #tribu pour partager avec vous les rencontres, les moments et les émotions qui rythment mes déplacements, après un temps de pause de 2 mois, la saison 2017 des billets du week-end est repartie !

Pour ce premier billet, je me suis demandé si les Chefs qui communiquent plus, ont plus de facilités à décrocher le Graal que d’autres.

Cette réflexion a pour origine la stratégie de communication de Christian Lesquer où beaucoup de professionnels pensent que cet axe aurait contribué à l’obtention d’une troisième étoile. Comble de la communication, le matin du lancement de cette nouvelle édition 2017, c’est lui-même qui annonce en avant-première sur son compte twitter à 7h49 que deux nouvelles tables de l’hôtel Georges V obtiennent chacune 1 étoile… Ainsi, ses propres prises de parole vont jusqu’à « griller » la temporalité des effets de l’annonce du célèbre Guide, prévue et réservée à la presse à 11 h … Pas sûr que cela fasse plaisir aux membres du comité exécutif de Michelin…

Vous pourriez me rétorquer que Thibault Danancher a dévoilé 10 minutes plus tard que Yannick Alleno était le nouveau 3 étoiles ! Cependant, il réalise son métier de journaliste, son travail consiste à collecter, vérifier, sélectionner, synthétiser des faits pour les présenter au public. L’émetteur est le journal du POINT qui possède toute légitimité dans ce genre d’exercice.

Nous sommes à un tournant de la prise de parole : un Chef a maintenant sa propre audience sans dépendre des journalistes grâce aux réseaux sociaux, qu’est-ce que cela change dans le paysage médiatique de la gastronomie ?

Dans cette frénésie d’audience personnelle, il se dessine 3 segments parmi les chefs en France qui bénéficient d’une notoriété qualifiée ou relative : l’ambassadeur de région, le leader d’opinion et les personnages publics. Les derniers étant représentés par une poignée de Chefs comme Messieurs Bocuse, Alléno, Piège, Lygnac, Robuchon, et le nouveau : Guillaume Gomez…

Jean-François Piège est incontestablement un personnage public, pas parce qu’il a un plan de communication pour décrocher les étoiles, mais tout simplement par la reconnaissance de son travail, de ses émissions et de son professionnalisme incontesté.

Il est naturel qu’il attire sur lui l’attention du public et des médias. Par ricochet, nous pourrions en déduire que sa popularité influencerait les instances du Michelin pour décrocher le Graal comme la profession l’a pensé, alimentant ainsi cette rumeur … l’édition 2017 nous démontre le contraire.

Michelin est un groupe qui a une stratégie claire : le pneu, les services autour du pneu, les matériaux utilisés pour les pneus et l’expérience client liée à la mobilité. C’est au cœur de ce dernier axe que se glisse le Guide Michelin : sa mission principale est de renseigner ses propres lecteurs qui se déplacent, pas de consacrer les Chefs qui communiqueraient plus que d’autres ou qui seraient plus avides d’exposition médiatique.

La stratégie de communication d’un Chef n’est pas destinée à un guide, elle est plus importante que cela.

C’est elle qui assure la pérennité d’une entreprise et de ses emplois.

Communiquer, c’est transmettre des informations ou des connaissances à quelqu’un et si un échange se crée, c’est alors de les mettre en commun.

Pour mieux communiquer, il est recommandé de déterminer son « territoire de marque », c’est-à-dire les prises de parole où la marque est la plus légitime. Il faut aussi identifier son « territoire d’expression », c’est l’univers et les éléments qui expriment sa représentation.

Signature, identité, personnalité, c’est pour cela que vous êtes passionnants : pour ce que vous « êtes », mais avant tout pour ce que vous « faites ».

Bravo aux 616 étoilés du Guide Michelin et aux 645 bib !

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