Génération Disruptive

Cette semaine, j’ai eu le plaisir d’intervenir à l’école hôtelière de Thonon, sous le patronat des campus et métiers de la qualification de l’hôtellerie et du tourisme de montagne en Rhône-Alpes.

Ces conférences sont toujours passionnantes, car en prise directe avec la nouvelle génération, cela me permet de ressentir et comprendre les attentes, envies, désirs de ceux à qui, maintenant, je dois commencer à transmettre.

Une fois la conférence terminée, le débat a pu débuter avec plusieurs questions dont une qui a plus attirée mon attention : celle de Maxime, un garçon d’une vingtaine d’années, actuellement en fin de cycle scolaire. La synthèse de sa question pourrait être :

« Savez-vous si le gouvernement va être plus libéral, ou pensez-vous que nous devons aller entreprendre ailleurs… où le monde sera-t-il meilleur ? »…

Ce qui est génial avec la prise de contact direct avec la nouvelle intelligence collective, c’est qu’elle ose avec audace, va plus vite que nous, et elle sait faire la différence entre l’essentiel et l’important.

D’un côté des lobbying anti-Airbnb, anti-Uber, … des professionnels qui se réunissent pour lutter contre des phénomènes plébiscités par le consommateur, afin de protéger leurs propres intérêts, et d’un autre une jeunesse qui vous demande : mais au final, le soleil ne brillerait-t-il pas plus et mieux ailleurs ?

Avant de répondre à ta question Maxime, je voudrais te faire part d’une autre anecdote : cette semaine était la remise des prix de Gault&Millau à Paris, et lorsque je croise Yoann Conte, un chef 4 toques de Savoie, il m’explique avoir fait une saison formidable, et en même temps avoir était obligé d’investir plus de 400 000 euros de mise aux normes dans son établissement… des sortes de travaux qui n’offrent pas de nouveau bénéfice client, mais des investissements nécessaires pour que l’établissement puissent rester ouvert au regard des normes de l’état.

D’un côté un hôtelier-restaurateur qui est contraint de renforcer les normes incendie, alors que le montagnard te répondrait « ben… en cas de feu… sautez dans le lac ! », et d’un autre, des maisons individuelles qui ne répondent à aucune norme, et font l’économie de ces vertigineux investissements, se transforment à l’année en hôtel.

Comment les professionnels de l’hôtellerie s’en rendent compte ? Car ils n’arrivent plus à loger leurs propres collaborateusr sur Annecy, car tous les propriétaires des maisons ou d’appartements ont mis leurs biens sur Airbnb, car en moyenne ils gagnent 2,6 fois le montant annuel du loyer en logeant des touristes, et sans avoir le moindre frais d’investissement à faire, n’étant pas considérés comme lieux « recevant du public ».

C’est qui le méchant ?

• Celui qui met son appartement sur Airbnb, pour aussi peut-être, permettre de financer les études de ses enfants?

• Le méchant touriste qui trouve que c’est mieux d’avoir un grand appartement avec sa tribu recomposée, plutôt que 2 chambres communicantes car les hôteliers n’ont toujours pas d’offres adaptées à ce marché ?

• Le fondateur d’Airbnb qui réunit une offre et une demande, qui au final, a toujours existé sauf que lui l’a transformée en place de marché ?

• Le gouvernement qui continue à mettre des couches successives de contraintes au statut d’entrepreneur, sans trop regarder les phénomènes qui vont plus vite que ses propres connaissances, et qui, parce que ces nouveaux touristes sont aussi électeurs, ne sait pas s’il faut réguler, voire interdire ?

Alors pour te répondre, Maxime, depuis 22 ans que j’ai créé ma première entreprise, j’ai remarqué une chose, notre société et plus particulièrement la France a l’art et la manière d’opposer les individus.

A chaque fois que nous sommes confrontés à une situation, nous savons d’abord organiser nos tranchées, en pensant que la grosse Berta de l’état réglera le problème à notre place.

Notre pays France a développé une sorte d’ADN d’assistés, qui pensent que leurs impôts sont là pour financer leur propre intérêt, et pas là pour faciliter la vie du collectif.

Une grande majorité des individus de notre pays passe son temps à voir dans chaque idée suggérée par l’autre, le côté compliqué, infaisable, inaccessible, car notre éducation n’a pas encore réussi à intégrer la notion des parcours d’excellence. Ainsi, nous nous posons en 2017, des questions sur la façon d’organiser l’apprentissage chez nous.

Notre histoire est marquée par des années régies par les religions, puis par un mixte de monarchie-religion, puis nous avons coupé des têtes, pour entrer dans un monde organisé par l’état, détruit par les petits arrangements entre amis, pour aujourd’hui être dans une la dictature du consumérisme.

La société dans laquelle tu évolues Maxime, toi et tes amis, est celle-ci : celle du monde de la finance et du profit, c’est pour cela que le monde du digital plait autant au néophyte car les financeurs voient dans chaque société la licorne de demain.

Mais je peux te dire une chose : le monde dans lequel nous évoluons tous les deux, et que tu connaîtras plus que moi, sera meilleur que celui que j’ai connu, car si tu dois rester en France pour contribuer à la réussite de tes proches, des autres et de ton pays, c’est parce que tu auras au fond de toi, quelque chose qui ne sera jamais accessible par l’autre, la modélisation d’une machine ou de l’économie : c’est ton imagination.

Ton imagination est le pouvoir de la création absolue, c’est celui qui supplantera toute machine, toute force contradictrice, et tout mouvement qui se lie pour conserver les dogmes du passés.

Ton imagination, c’est ton sabre laser de Jedi, qui à lui seul, concentre la force du bien.

C’est pour cela que tes parents t’éduquent, l’école t’enseigne et l’entreprise te forme.

Ainsi ton imagination, mieux armée va permettre de transformer ce rêve que tu as au fond de toi en réalité.

Ta volonté absolue, ton ambition positive, ton travail avec une vision de l’excellence, et le partage avec les autres, sont les conditions qui permettent de révéler, sublimer et déployer ton rêve. Alors qu’il soit en France ou ailleurs, l’Europe et le monde t’appartiennent déjà. Le meilleur : c’est toujours demain.

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